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A Scanner Darkly

Par sherazade • Le 16 décembre 2007 • Catégorie : Film

A Scanner Darkly - Lundi 17 décembre sur TPS Star

Note :

darkly2.jpgLe lieu : une banlieue d’Orange County, en Californie. La date : en 2013. L’Amérique mène toujours son interminable et vain combat contre les réseaux de trafiquants de drogue et les terroristes. Bob Arctor, un policier spécialisé dans les missions d’infiltration, est chargé par son supérieur, James Barris, de surveiller un suspect qui se shoote à la substance M, une drogue qui attaque le cerveau. Il découvre bientôt que l’individu en question n’est autre que… lui-même ! Arctor entame alors une inexorable descente aux enfers, dans l’absurde, la paranoïa et la schizophrénie. Ce brillant policier n’est désormais plus que l’ombre de ce qu’il fut, soupçonnant ses amis tout en les surveillant, s’auto-disculpant tout en se soupçonnant. Il tente par tous les moyens d’échapper à cette situation inextricable…

 

Adapté d’un livre d’un maître de la science-fiction, Philip K. Dick (auquel on doit également Blade Runner), A Scanner Darkly est en fait une autobiographie. Le romancier s’y inspire de sa propre expérience de la drogue, durant une période tragique de sa vie qui suivit le départ de sa femme. Il y dépeint une micro-société, celle des junkies, avec une justesse et une subtilité étonnantes. On perçoit le véritable amour qu’il vouait à ses compagnons de débauche, et le recul qu’il induit n’en est que plus touchant. L’adaptation, bouleversante, parvient à mettre en images cette histoire réputée intranscriptible à l’écran grâce à la rotoscopie. Le réalisateur, Richard Linklater, a réuni un casting éblouissant (Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Jr, Woody Harrelson, etc.) , puis a infligé à son film un post-traitement numérique à l’aide du logiciel Rotoshop. Les images sont transformées jusqu’à prendre prendre l’apparence d’une animation. On en tire une sensation hallucinatoire qui se marie à merveille avec cette histoire dure et perverse, empreinte d’une insupportable violence psychologique. Unique en son genre, le film évoque toutefois, de loin en loin, l’extraordinaire Festin nu de David Cronenberg. On y dérive, sans repères, fasciné et on en sort marqué.


Film - 20.55

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