Critiques télé

Si j’aime pas, c’est que c’est pas bien

Ally McBeal

Par sherazade • Le 13 janvier 2008 • Catégorie : Série

Ally Mc Beal - Lundi 14 janvier sur M6

Note :

Ally McBeal s’est lancée dans des études de droit parce qu’elle était follement amoureuse de son ami d’enfance, Billy Thomas, qui rêvait de devenir avocat. Mais Billy a fait passer sa carrière avant ses sentiments : parti un jour étudier à l’université du Michigan, il a abandonné Ally qui, elle, est restée à Boston. Les années ont passé. Devenue plaideuse, Ally, travaille désormais dans l’un des plus prestigieux cabinets de Boston. Mais sa vie professionnelle vire au cauchemar lorsqu’elle devient la cible des avances de son collègue Jack Billings. Ses patrons refusant de prendre sa défense, Ally démissionne et retrouve rapidement un poste dans le cabinet dirigé par Richard Fish…

ally.jpgQu’elle est fatigante cette Ally, avec le romantisme de bazar qu’elle trimballe, sans cesse accroché à ses basques, et sa morale à deux vitesses qui lui permet de légitimer sans cesse son insupportable égoïsme… Et son Billy ne vaut guère mieux ! Voilà donc une série bien mal barrée, menée par deux héros oscillant entre bons sentiments dégoulinants et soap à la petite semaine. Et pourtant, l’indéniable succès qu’elle a rencontré lors de ses premières diffusions est amplement mérité. En effet, si l’intrigue qui lui tient lieu de fil rouge est aussi irritante que prévisible (Ally parviendra-t-elle à reconquérir son grand amour et à l’arracher des mains de sa blonde épouse ? Oh Noooes !), la galerie des personnages secondaires vaut à elle seule le détour. Commençons par Richard Fish et sa logique improbable : ne cachant ni son amour du pognon facilement gagné, ni son incompétence en matière de droit, le fondateur du cabinet mène sa petite équipe d’une main de fer, sans pour autant laisser son travail empiéter sur sa vie privée. Fasciné par les caroncules, il ne sait pas résister à une femme possédant ce genre de menton tremblotant. Bourré de préjugés, il est prêt à se battre pour pouvoir chanter une chansons anti-nains à l’enterrement de son propre tonton. Quelques aphorismes de son cru, aussi appelés fishismes : “Le sexe pour un homme quand c’est bien, c’est bien. Quand c’est mal, c’est toujours bien “, “Pour ma part, je déteste les lois anti-harcèlement. Elles ont pour origines des lesbiennes mécontentes qui estimaient ne pas bénéficier des mêmes opportunités”, “Par moment quand je regarde mon portefeuille plein, ça m’excite”. Comment ne pas vouloir travailler pour lui ? Son associé, John, est beaucoup plus discret. Empereur des prétoires, il déploie des trésors d’ingéniosité pour déstabiliser ses adversaires. Sensible, attachant, il est aussi désopilant de maladresse. Quant à la secrétaire nymphomane, elle espère conquérir la gloire grâce à ses inventions pour télé-achat, comme son fameux soutien-visage, dédié aux femmes qui craignent que le jogging ne leur donne des rides. C’est à partir de la saison 2 qu’Ally McBeal prend toute son envergure. Alors, si vous avez le courage de supporter les sempiternelles pleurnicheries de son héroïne, voilà une série qui mérite d’être (re)découverte.

Série - 10.55

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