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Le Diable s’habille en Prada

Par sherazade • Le 4 janvier 2008 • Catégorie : Daube d'argent

Le Diable s’habille en Prada - Samedi 5 janvier sur Canal+

Note :


Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu’assistante de la rédactrice en chef d’un prestigieux magazine de mode : un job dont rêvent des milliers de jeunes femmes comme tout le monde se plaît à le lui rappeler. En apparence seulement, car sa boss, Miranda Priestly, est en réalité un monstre tyrannique et caractériel. Andrea, qui envisage son nouveau travail comme un tremplin vers une illustre carrière de journaliste, décide d’endurer les sévices de sa diablesse de patronne. Elle s’adapte peu à peu, s’immerge dans cet univers fait d’artifices et de paillettes… Y risquera-t-elle son âme ?

prada.JPGS’attaquer au monde de la mode, et à la superficialité qu’il incarne, c’est tentant. Si, en plus, on détient les droits d’un best-seller mondial, il devient vraiment difficile de résister. Mais quand ce best-seller met en cause de façon directe la papesse Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue USA, pourquoi se priver ? Du point de vue du téléspectateur, friand de ragots et autres rumeurs croustillantes, l’idée est alléchante, d’autant que, dans son autobiographie, Lauren Weisberger avait la dent dure et ne faisait pas de cadeaux à ladite Wintour. Las, la baudruche se dégonfle rapidement : méchante Meryl Streep ? Arriviste, prétentieuse, capricieuse, certes, cela ne fait aucun doute, mais Hollywood ne serait-pas Hollywood si la bonne âme de la pythie toute dévouée à l’autel des saints accessoires ne laissait transparaître, ça et là, quelques faiblesse. Et oui, elle est humaine la diablesse, trop humaine pour être aussi détestable que son personnage l’exigerait. Quant à l’apprentie incarnée par Anne Hathaway, on recycle les vieilles recettes : tel Superman, elle cache son identité secrète de bombasse derrière une paire de lunettes qui lui permet de passer pour le laideron ordinaire. Ainsi personne ne devine qu’en enfilant son costume de super-héroïne griffé Chanel, elle lutte chaque jour contre les offenses au bon goût et les crimes de lèse-élégance… Vague impression d’être pris pour des cons quand on nous balance ce top-model californien en tentant de nous faire croire que personne ne remarque que derrière ses binocles d’intello (bah oui, les lunettes, c’est pour les gens intelligents) se cache une nouvelle Liv Tyler, le talent en moins. Au final, voilà un amas de clichés boursouflé de personnages stéréotypés et dénués de toute aspérité ou du moindre mauvais esprit. Un film pour midinettes décérébrées, à mater en lisant Cosmo.

Film - 20.50

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