Thema Vivons branchés
Par sherazade • Le 9 décembre 2007 • Catégorie : ThématiqueThema Vivons branchés - Vendredi 14 décembre sur Arte
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De Charlie Parker à Paris Hilton, la hip attitude a traversé le temps et s’est transformée. Greil Marcus, spécialiste américain des cultures populaires, commente l’histoire de ce phénomène complexe mais toujours révélateur de l’époque qui le fait éclore. C’est parti pour un voyage dans le temps ! Des zazous aux stars people en passant par les mods ou les punks, rencontre avec les branchés d’hier et d’aujourd’hui, hérauts d’une contre-culture désormais récupérée par la société marchande. Une soirée hype, sous l’ombre tutélaire d’Andy Warhol…
Une histoire de branchés - 22.15
Y a-t-il un point commun entre Sid Vicious et Paris Hilton ? Contre toute attente, oui : tous deux sont des hipsters, c’est-à-dire des références en matière de style qui auront imposé une attitude et fait rêver des millions de gens. De l’underground aux pages people des magazines, du star system aux originaux anonymes, du mode de vie hippie au style bling bling, le phénomène de la hip culture a en effet bien des facettes. Le fait qu’aucun des commentateurs ne soit d’accord sur l’origine et le sens premier du mot “hip” est d’ailleurs caractéristique… Afin de clarifier et d’interpréter cette complexité, les auteurs de ce documentaire refusent d’établir une chronologie du phénomène. Ils préfèrent mettre en valeur la permanence de figures référentielles qui reviennent à toutes les époques, sous différentes formes, et esquisser des familles et des courants qui dépassent le cadre du simple “branché” : le bad boy, de James Dean à Pete Doherty ; le dandy, d’Oscar Wilde à Marilyn Manson par exemple ; ou encore les bohèmes, des peintres de Montparnasse aux artistes des années 60… Même si chaque époque a ses icônes, il existe des mouvements souterrains qui les relient entre elles, faisant apparaître des constantes dans l’inconscient collectif : une idée propre au critique américain Greil Marcus, auteur du livre culte Lipstick traces, ici commentateur d’un phénomène aujourd’hui récupéré et intégré par l’économie capitaliste. Car même si la hype continue d’être très diverse, une chose est sûre depuis les années 90 : elle n’a plus, ou en tout cas jamais pour bien longtemps, le visage de la contestation.
Tendances et business - 23.10
Qui a dit qu’être cool vous situait à la pointe de l’originalité ? Aujourd’hui, la hip attitude revient en général à faire comme tout le monde – ou, plus précisément, à se conformer à un modèle soigneusement défini par quelques personnes, puis adopté par le plus grand nombre. Si l’innovation devient inéluctablement une norme, dans la hip society, la nouveauté devient standard et valeur marchande de façon immédiate, presque simultanée. Le film met au jour cette confluence particulièrement juteuse entre création et économie, et le mécanisme profondément pervers du capitalisme qui consiste à intégrer sa propre remise en cause et à la rendre rentable. Le père de la hype, Andy Warhol, avait vu juste : sa Factory est devenue une véritable usine, et même une poule aux oeufs d’or. Quant aux barons de la hype d’aujourd’hui – artistes, designers, créateurs de mode, patrons de boîtes de nuit, chercheurs de tendances ou gourous du Web – ils ont au moins un point commun : ils ne se font plus d’illusions.
Thématique - 22.15
