Ugly Betty
Par sherazade • Le 14 janvier 2008 • Catégorie : A voir égalementUgly Betty - Lundi 14 janvier sur TF1
Note : ![]()
Après l’abominable Destin de Lisa, qui a charmé des milliers de mé(na)gères de moins de 50 ans et leur progéniture décérébrée, voici venir la version américaine de la chose, nettement moins niaise et beaucoup mieux produite que sa cousine moins germaine que germanique. Toutes deux partagent la même filiation : elles sont les descendantes de Yo soy Betty la fea (Je suis Betty la moche), une telenovela-phénomène qui a remporté un succès d’audience sans précédent. Dès lors, on ne s’étonne plus que Salma Hayek, fine business-woman, se soit intéressée à son cas au point de produire une adaptation hollywoodienne, dans laquelle elle tient d’ailleurs un rôle. La réalisation soignée évoque les pages de papier glacé des magazines de mode évoqués ici. L’interprétation, elle aussi, est très aboutie, et s’éloigne du larmoyant auquel nous avait habitué Lisa. Quand au scénario, il mêle habilement humour et rebondissements, et prouve une fois encore que la Californie demeure la meilleure fabrique de rêves du monde (tout en confirmant que la grève des auteurs est tout à fait justifiée, mais ceci est une autre histoire).
Pourquoi alors une note aussi médiocre me direz-vous ? Que vous avez l’esprit alerte vous répondrais-je aussitôt, usant de flagornerie pour vous amadouer vilement. La réponse est simple : la production est une chose, la diffusion en est une autre. Que les chaînes française et, en particulier, la première chaîne d’Europe, privilégient la VF, ce n’est un secret pour personne. Pis, ce n’est même pas, en soi, condamnable, quand bien même on puisse déplorer les difficultés que rencontre la version multilingue (qui, pour rappel, laisse le soin au téléspectateur de décider s’il préfère la VF ou la VO sous-titrée) pour s’imposer dans nos contrées. En revanche, le manque de respect des diffuseurs à l’égard des créations dont ils acquièrent les droits ne peut provoquer que la plus totale stupeur. Les deux principaux symptômes actuellement incriminés : les épisodes programmés dans ordre aléatoire et les problèmes rencontrés par les traducteurs qui se voient sacrifier sur l’autel du sacro-saint “tout public”. En France, les épisodes de séries ne sont plus diffusés en fonction de leur chronologie mais selon leur signalétique : en prime, le gentil rond vert, en deuxième partie de soirée, les rebuts, les parias, les sexuellement ou violemment inacceptables. Les intentions de l’auteur n’auraient donc plus aucune valeur ? Il y a près d’un an, les traducteurs de séries s’insurgeaient contre les contraintes commerciales imposées par les chaînes (langage expurgé, scènes coupées pour peu qu’elles risquent d’être déconseillées au moins de 12 ans, disparition des marques citées, etc.) C’est ce que les médias nomment pudiquement la “mise en conformité”, une pratique qui avère le vieil adage transalpin : traduttore traditore. De l’art d’appeler un chat un chien (je profite de l’occasion pour évoquer le fameux “bould’hum”, indispensable à tout téléfilm français qui se respecte, et qui désigne le moment où on va faire pleurer dans les chaumières. Bould’hum pour bouleversant d’humanité : vous connaissez plus cynique ?). Tout ça pour dire qu’entre Ugly Betty, production “de prestige” made in ABC, et Betty la moche, acheté en gros au marché des Halles par TF1, y’a comme un décalage. Partout où la version américaine ironisait, sous-entendait, digressait, cette traduction est lissée, polie, vernie, jusqu’à ce qu’on ne trouve plus aucune aspérité à laquelle se raccrocher. Et voilà, Betty a fini par se laisser convaincre de verser dans la chirugie esthétique, la voici devenue aussi gniangnian que Lisa.
Série - 20.40

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uép, pareil pour la note :/
j’était très enthousiasmé par ce lancement, mais au vu des premiers épisodes, mon enthousiasme est retombé tel un soufflé
je voyait ça très bien, mais finalement j’accroche pas, cpas pas top